Quand ta tête te dit d’abandonner avant même d’avoir essayé !

Land Art, Stone Balancing (pierres en équilibre) au crépuscule sur le lagon de Punaauia, Tahiti

« Cette pierre ne peut pas tenir en équilibre »

C’est exactement ce que me dit mon cerveau alors que j’esquisse une création éphémère de stone balancing, cet art qui consiste à faire tenir des pierres les unes sur les autres dans des équilibres qui semblent improbables… voire impossibles.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

Devant moi, une pierre est déjà posée. L’autre est ronde, lourde, glissante. Je la soupèse, j’en ressens le poids, et je l’ajuste sur la pierre déjà en place. Je cherche un point d’équilibre invisible. Mais rien n’y fait. Elle glisse. Elle bascule. Elle tombe.

Je recommence.
Elle retombe.

C’est là qu’une voix dans ma tête commence à faire ses commentaires :
« Laisse tomber »
« Ça ne peut pas tenir »
« Tu perds ton temps »

Et il faut bien avouer que ça semble plein de bon sens !

Il m’est arrivé de passer dix minutes sur une seule pierre, à la tourner dans tous les sens. À tenter de la décaler d’un millimètre vers la droite ou vers la gauche pour que ça tienne.
Dix minutes pendant lesquelles ma tête me répète inlassablement la même phrase : “Laisse tomber. »

Le plus surprenant n’est pas que la pierre tienne

Le plus étonnant, c’est qu’à un moment mon corps sent qu’elle peut tenir… alors que ma tête continue de croire l’inverse !

Quelque chose en moi sent que c’est possible, et que ça vaut le coup de continuer à essayer… sauf que cette conviction ne vient pas de ma tête. Je le sens, comme une certitude profonde qui ne s’explique pas.

C’est là que la bascule intérieure se fait.

Le champ des possibles vient de s’ouvrir, et avec lui apparaît une sorte de tranquillité, comme un sentiment de confiance tranquille, beaucoup moins fébrile que l’énergie du « Il faut que ça marche ! »

Notre cerveau confond “je ne vois pas comment” avec “c’est impossible”

Pour mon cerveau, ces structures ne sont tout simplement pas possibles. Son avis est basé sur son expérience et sur ses perceptions visuelles. Il a donc raison de me mettre en garde sur la faible probabilité de réussite du projet.

Mais ce n’est pas exactement ce qu’il fait, car un biais cognitif intervient.
Mon cerveau cherche naturellement à économiser son énergie. Si quelque chose lui paraît très improbable, il préfère souvent m’orienter vers une autre action, plutôt que de me laisser investir du temps, de l’énergie… et de risquer de me voir déçu ou frustré.

C’est pour cela qu’il émet dès le début un avis tranché.
Au lieu de me dire « C’est une entreprise risquée, mais si tu as envie de la tenter, amuse-toi ! ». Il me dit directement « Laisse tomber. »
Et en posant ce verdict, il me détourne parfois d’expériences possibles, de découvertes… et même de grandes joies lorsque, finalement, le projet réussit.

Ce que j’apprends à faire exister en moi, à travers cette expérience, c’est donc l’espace du PEUT-ÊTRE. « Pour l’instant ma tête n’y croit pas. Mais peut-être que c’est malgré tout possible ! »

Le “peut-être” n’est pas une certitude. C’est simplement une porte que l’on choisit de ne pas refermer trop vite.

Et si tu ne croyais plus tout ce que raconte ta tête ?

Le corps se met en action. Je choisis une pierre, je sens sa forme, ses aspérités, je cherche le point. Et là, tout passe par le ressenti : ce sont mes mains qui travaillent, pas mes yeux. Elles sentent que ça pourrait tenir. J’ajuste au millimètre, je tâtonne, je lâche enfin… et la pierre reste debout, sous l’œil incrédule de mon cerveau.

Qu’est-ce qui serait différent, dans ma vie, si chaque fois qu’une voix me souffle « laisse tomber », une autre venait lui répondre, avec force et confiance :

💗 « Essaie ! Tu n’as rien à perdre ! »
💗 « Fais-toi confiance, ça peut peut-être fonctionner… »
💗 « C’est pas grave si ça marche pas. »
💗 « Tente-le si tu en as envie ! »

Land Art, Stone Balancing (pierres en équilibre) au milieu du lagon de Punaauia, Tahiti


Depuis que je pratique le stone balancing, je ne crois plus mon cerveau sur parole quand il me dit : « C’est impossible. »
Je questionne.
Je dialogue avec lui. « Qu’est-ce qui te fait dire que c’est impossible ou que ça ne marchera pas ? »
Je vérifie et je fais ma propre enquête.

Et par ce processus, ma tête apprend pas à pas à envisager que le champ des possibles puisse être plus vaste et plus magique que ce qu’elle a eu l’habitude d’anticiper jusque-là :).

Dans le stone balancing, il suffit parfois d’une aspérité invisible d’à peine 1 millimètre pour qu’un improbable équilibre existe et nous émerveille.
Dans la vie, il suffit parfois juste d’un “peut-être” pour qu’une possibilité apparaisse.

Emmanuel Schneider

Coach de vie certifié PCC ICF

Je partage ici ce qui inspire et nourrit ma pratique de l’accompagnement au quotidien.
Découvre mon approche ->

À lire aussi